La lutte biologique et les auxiliaires du jardin

De précieux alliés !

Rédaction Atmosvert

Un agroécosystème résilient est un système équilibré dans lequel règne la biodiversité.En permaculture, on recherche donc naturellement à tendre vers cet état ; c’est pourquoi, au lieu d’utiliser des traitements biocides, nocifs pour l’environnement, pour lutter contre les ravageurs, des traitements naturels sont préférés.

La lutte biologique en est un parfait exemple : elle consiste à recourir à des organismes vivants, appelés auxiliaires, pour lutter contre les attaques des ravageurs et réguler leur population.

Qui sont ces précieux alliés et comment les attirer dans votre jardin ? 

La lutte biologique : des insectes auxiliaires amis ! 

Nombre d’insectes sont utiles pour l’agriculteur, car ils sont des prédateurs naturels d’autres organismes qui peuvent être responsables de gros dégâts sur vos récoltes. D’autres sont parasitoïdes, c’est-à-dire qu’ils pondent leurs œufs dans les œufs ou les larves d’autres insectes, entraînant la mort de ces derniers.

Voici quelques uns de ces précieux alliés.

Les coccinelles 

Les larves de coccinelles dévorent les pucerons, mais aussi les araignées rouges, les chenilles, les cochenilles… Une seule larve de cette jolie demoiselle peut à elle seule vous débarrasser de plusieurs centaines de pucerons !

Les araignées

Moins aimées que la petite bête à points, un grand nombre d’araignées sont pourtant de véritables alliées en débarrassant les fruitiers de pucerons ou de carpocapses (larves et adultes). Les minuscules araignées lyniphidées (elles mesurent moins de 2,5 mm !) chassent à l’automne les acariens des fruits et les petits pucerons.

Les carabes

Ces insectes carnassiers sont de redoutables prédateurs pour les ravageurs du sol. Ils se régalent de limaces, de charançons, d’araignées rouges, de chenilles carpocapses ou encore de larves de balanins des noisettes. Ils vivent sous les pierres ou des végétaux en décomposition, et hibernent dans des vieilles souches, du bois mort.

Les perce-oreille

Les adultes mangent des pucerons, des chenilles ou encore des psylles.

Les syrphes

Si les syrphes ressemblent à s’y méprendre aux guêpes, elles n’en ont que l’apparence ! Il s’agit en fait de mouches butineuses et pollinisatrices, qui visitent les fleurs d’un grand nombre de fruitiers. Leurs larves sont de surcroît très friandes de pucerons : une seule larve peut en avaler jusqu’à 50 par jour.

Les staphylins

Ces coléoptères chassent limaces, charançons, nymphes des papillons de nuit ou encore araignées rouges, dont ils se délectent la nuit. Ils vivent surtout dans les végétaux en décomposition et les mousse.

Les guêpes sociales

Elles apparaissent peu sympathiques (surtout lors des déjeuners sur la terrasse !) et se révèlent pourtant être très utiles dans la lutte contre certains nuisibles comme les pucerons, les chenilles et les mouches.


Les chrysopes

Ces « demoiselles aux yeux d’or » se régalent à l’état larvaire et adulte de pucerons, de cochenilles et de chenilles de petite taille.


Comment attirer ces insectes auxiliaires ?

Pour attirer les auxiliaires de façon naturelle, sans avoir à acheter les larves, la première chose à faire est de bannir les traitements chimiques insecticides.

Ensuite, il faut penser à leur laisser des endroits où se réfugier. 

  • Dans la forêt, bon nombre de ces insectes s’installent dans du bois mort, de vieilles souches par exemple. N’hésitez donc pas à en laisser à différents endroits, ce vieux bois sera rapidement occupé ! De plus, il fertilisera naturellement le sol une fois décomposé. Vous pouvez également placer de grosses pierres, ou encore un pot en terre cuite retourné dans un coin.

  • Ne laissez jamais le sol nu. Le paillis organique, le mulch, permet également à de nombreux petits insectes auxiliaires de se déplacer et de se réfugier.

  • De nombreuses espèces végétales herbacées attirent cette faune utile. Peuvent être citées en particulier les Astéracées (ou composées), qui attirent les syrphes par exemple, ou encore les Apiacées, ombellifères qui attirent guêpes et syrphes. Pensez à obtenir des floraisons étalées sur l’année, des fleurs de fin d’hiver pour attirer les auxiliaires précoces jusqu’à l’hiver suivant. Ainsi votre jardin ne perdra pas son attrait.

Les autres animaux auxiliaires 

Le hérisson

Le hérisson est une espèce protégée : l’arrêté du 17 avril 1981 interdit sa « capture » ou sa « destruction ».

Avoir un hérisson dans son jardin est en outre une véritable chance. Ce petit gourmand chasse la nuit escargots, limaces, vers et insectes divers.

Pour l’attirer, vous pouvez lui confectionner un abri à l’aide d’un fagot de branches, d’une haie dense ou encore lui fabriquer un refuge à l’aide d’une cagette en bois retournée et percée d’un trou à sa taille, recouverte de feuilles mortes et de branchages.

Grenouilles et crapauds

Adultes et têtards sont friands de moustiques, de limaces et de larves d’insectes. Un point d’eau, un bassin ou une mare, sera un refuge de choix pour ces batraciens.


Odoo • Texte et Image

Les chauve-souris

Avec leur réputation de suceuses de sang, les chauve-souris jouissent parfois, à tort, d’une bien mauvaise image. Rassurez-vous, il existe en France 35 espèces, et aucune d’entre elles n’est dangereuse ni pour l’homme, ni pour les animaux domestiques.

En revanche, ces chasseuses nocturnes dévorent moustiques et autres insectes volants à la nuit tombée, commes les carpocapses. Un groupe de chauve-souris peut avaler jusqu’à plusieurs milliers d’insectes en une nuit !

Ces mammifères hibernent, elles cherchent alors un endroit abrité où elles ne seront pas dérangées, avant de recommencer un nouveau cycle en mars-avril et ce jusqu’à la fin de l’automne. N’hésitez pas à leur prévoir un nichoir dans votre jardin !

Les oiseaux

Eh oui, les oiseaux se régalent de baies, et mangent parfois une partie de nos récoltes fruitières ! Mais ne peut-on pas considérer que tout travail mérite salaire ? En effet, ce sont également de grands consommateurs d’insectes : ils peuvent en avaler l’équivalent d’un tiers de leur poids ! 

Des haies d’essences variées et à feuillages persistants pourront leur servir à la fois d’abri et de nourriture.

Les serpents

Une image négative leur colle à la peau - ou plutôt aux écailles ! Pourtant les serpents sont de vrais auxiliaires du jardin : ils chassent rongeurs, oiseaux, amphibiens et insectes, et font partie intégrante de la biodiversité et de l’équilibre d’un biotope. Des espèces comme la couleuvre à collier ou encore la couleuvre vipérine sont inoffensives : n’hésitez pas à leur laisser une place ! Pour les attirer, vous pouvez laisser des petits coins de votre lieu à l’état sauvage (hautes herbes, tas de bois...) Une petite mare ou un muret en pierres seront aussi très attrayants pour ces reptiles. Dans votre design, placez si possible ces éléments éloignés de votre lieu d’habitation, pour leur tranquillité… et la vôtre !



Vous l’aurez compris, de nombreuses espèces sont formidables alliées pour vous aider à lutter contre les ravageurs et préserver vos récoltes. La lutte biologique, en permaculture, cherche donc à les attirer, mais aussi à faire appel aux plantes compagnes au sein des guildes végétales. Autant de traitements naturels qui prennent soin de l’environnement et de la biodiversité !