La multiplication végétative : 4 techniques pour augmenter votre abondance

Rédaction Atmosvert

Vous souhaitez créer une haie champêtre ou comestible à moindre coût ? Vous cherchez un moyen - gratuit - d’augmenter vos récoltes dans votre jardin forêt ? Et si vous produisiez vous-même de nouveaux sujets ?


Certaines plantes se multiplient naturellement, par rejets, stolons ou encore bulbilles. 

Pour les autres, il existe différentes méthodes de multiplication végétative vous permettant de reproduire à l’identique vos plantes préférées. Division, marcottage, bouturage ou encore greffage, petit tour d’horizon des principales techniques connues. Prêt à tenter l’expérience ?

 

La division

La division est une technique de multiplication végétative qui consiste à portionner une touffe, dont la souche comporte plusieurs pousses (stolons, drageons, bulbes ou rhizomes), en plusieurs nouveaux sujets. Ces derniers seront alors des boutures, clones du pied mère.

Quelles plantes peut-on diviser ?

La division s’opère principalement sur les plantes vivaces herbacées à grand système racinaire. Elle se tente également sur des arbustes qui se marcottent naturellement ou au port plus ou moins drageonnant.

Dans votre jardin forêt, essayez sur les graminées, type Miscanthus et bambous, la lavande, les sauges, violettes, cornouillers…

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Comment procéder ?

La souche peut rester en place, si possible, afin de ne pas affaiblir le pied mère ; vous prélevez alors une portion de la partie périphérique. Si vous devez soulever la souche, veillez alors à conserver le maximum de racines.

Utilisez un outil tranchant adapté à la taille de la plante, afin de faire une coupe la plus nette possible (bêche affutée, greffoir ou hachette). Vous obtenez alors plusieurs éclats, qui comportent chacun au minimum deux à trois pousses et des racines bien développées.

Il ne vous reste qu’à les replanter à leur place définitive, en prenant soin de modeler une cuvette d’arrosage. Apportez-leur suffisamment d’eau afin que la terre adhère bien aux racines.

Vous pouvez également diviser tubercules et rhizomes, la méthode en images !

 
 

La multiplication végétative par bouturage

Le bouturage consiste à reproduire une plante identique à la plante mère à partir d’un fragment de celle-ci : tige, racine, bourgeon, œil ou encore feuille. 

Quelles plantes peuvent être bouturées ?

Vous pouvez bouturer de nombreuses espèces, le saule, le figuier, l’olivier, les plantes aromatiques comme le romarin, la vigne, le poirier franc, le pommier franc, les groseilles (et toute autre Ribes), le kiwi… la liste n’est pas exhaustive, et certaines espèces sont faciles à bouturer que d’autres.

Comment procéder ? 

Nous passons volontairement rapidement sur le bouturage de feuilles, qui concerne essentiellement les plantes d’intérieur, mais aussi les vivaces à feuilles épaisses comme le sedum (orpin), ainsi que le bouturage de racines ou de bourgeons, plus délicats, pour nous concentrer sur les boutures de tiges, qu’elles soient simples, en crossette ou à talon.

Le bouturage de tige

Prélevez une tige saine de 10 à 15 cm, comportant 2 à 3 nœuds. Avec un sécateur bien aiguisé et désinfecté, coupez la tige juste sous un nœud ; c’est à cet endroit que les racines commenceront à se développer. Coupez les feuilles et ne conservez que les deux présentes à la tête de la tige. N’hésitez pas à les couper en deux si elles sont trop grandes. Plantez ensuite vos boutures dans un terreau spécial, ou un mélange de tourbe blonde/sable.


En voici un exemple concret !


 
 


Quand bouturer ?

  • Pour les boutures herbacées, opérez en mai/juin. Cultivées à l’étouffée, à 12 °C au minimum,  les boutures s’enracinent alors rapidement et peuvent être repiquées à l’automne. En voici un exemple avec le kiwi.

  • Les boutures semi-ligneuses (Elaeagnus…) se font en fin d’été, dès la mi-août, à l’étouffée. Elles pourront être repiquées au printemps suivant.

  • Les boutures ligneuses, pour les arbres et arbustes caducs, se font sur bois secs en octobre/novembre à la descente de la sève.


Le bouturage en crossette et à talon

Certaines plantes sont plus délicates à bouturer. C’est le cas du lilas, de la vigne ou encore du sureau. Vous pouvez alors procéder à une bouture en crossette, qui consiste à prélever une tige nouvelle attachée à un rameau de l’année précédente. Vous conserverez alors à la base la connexion des deux tiges. De la même façon, vous pouvez réaliser une bouture à talon pour les plantes à tiges creuses, comme le figuier : vous garderez alors environ 1,5 cm du rameau principal.

Trempez ensuite le talon de la bouture dans une hormone de bouturage pour faciliter son enracinement, avant de la repiquer en serre pour la cultiver pendant un à deux mois à l’étouffée, afin de limiter l’évapotranspiration. 


Astuce : le saule est une espèce parfaite pour débuter dans le bouturage. Bouturer un saule tortueux, par exemple, est quasiment inratable et, de plus, très ludique à faire avec des enfants. Prélevez des branches de saule tortueux et plongez-les dans l’eau. Évitez le soleil direct et veillez à maintenir le niveau de l’eau en cas de fortes chaleurs. Au bout de deux à trois semaines, des racines apparaissent ! Vous pourrez ensuite les repiquer dans un substrat, puis en terre à leur place définitive. L’eau chargée en auxine et en acide salicylique, peut alors être utilisée pour vos autres boutures. Le gel que vous pouvez sentir sous vos doigts lorsque vous plongez des morceaux de rameaux dans l’eau pendant 24 h fait aussi office d’hormone de bouturage naturelle. Trempez et plantez !


Le marcottage


Certaines plantes, comme le lierre, se marcottent naturellement. La technique consiste à produire des racines sur un rameau sans le détacher du pied mère, qui continue alors à le nourrir jusqu’à ce qu’il soit capable de le faire seul. Le marcottage peut être simple, en butte ou aérien.

Quelles plantes peuvent être marcottées ?

Les plantes concernées sont principalement les plantes grimpantes et les espèces ligneuses qui se bouturent difficilement : chèvrefeuilles, kiwis, clématite, noisetier, érable, pawpaw, cornouiller...

Comment procéder ?

Pour le marcottage simple : au printemps, repérez une ramification basse, ou une tige rampante. Enterrez-en alors une partie de quelques centimètres. Aidez-vous au besoin d’un cavalier ou d’une pierre, et relevez l’extrémité en utilisant un tuteur. Au printemps suivant, séparez alors la partie marcottée qui aura produit des racines. La méthode est donc assez longue et pas toujours productive.


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Le greffage

Greffer consiste à souder deux plantes de la même famille, voire d’espèces différentes. Les racines de la plante hôte, appelée porte-greffe, alimentent alors le greffon.

Les plantes concernées sont essentiellement les fruitiers.

Vous trouverez un article complet sur le greffage pour découvrir toutes les techniques de greffes.
Guide complet : le greffage


Multiplier les plantes est donc une façon économique et très gratifiante d’augmenter votre productivité et de créer plus d’abondance au jardin. Si récolter des graines et produire vos propres semis vous le permet également, vous n’obtiendrez jamais de nouveaux plants identiques au pied mère, contrairement à ces méthodes de reproduction non sexuées. N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires !