Comment entretenir votre jardin-forêt : nos conseils

Rédaction Atmosvert

Une forêt comestible, une fois bien installée, demande, a priori, un minimum d'entretien. En effet, l’objectif, en aménageant un jardin forêt dans une démarche permacole, est de créer un écosystème qui se régule de lui-même, résilient et durable. Toutefois, si vous souhaitez que vos récoltes prospèrent, il vous sera nécessaire d’être attentif à votre lieu et d’agir dès que cela s’avère nécessaire.

Comment entretenir un jardin forêt ? Taille, multiplication, préventions et soins, découvrez nos conseils !

Taillez arbres et arbustes

Pourquoi tailler les végétaux ?

Une taille d’entretien de vos fruitiers et de la strate arbustive a pour objectifs de :

  • permettre aux fruitiers sur tige de développer harmonieusement leur houppier ;

  • augmenter la fructification, de grandes branches épuisant l’arbre inutilement 

  • augmenter la ramification et la vigueur des branches principales ;

  • garantir aux strates inférieures une luminosité suffisante à leur bon développement  ;

  • éviter la propagation de maladies, en coupant les branches malades ;

  • contenir l’étalement du système racinaire.


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Quand tailler ?

En fin d’hiver, vers le mois de février, retirez le bois mort ou malade de vos fruitiers et arbustes, hormis ceux de la famille des Prunus. Cette action stimulera l’apparition de nouvelles branches.

Les arbustes caducs peuvent, eux aussi, être taillés à cette période.

Pour les Prunus - pruniers, abricotiers, amandiers, pêchers, etc. -  vous pouvez procéder à une taille de mai à août. Vous diminuez ainsi le risque d’infection par la maladie du plomb parasitaire (Chondrostereum purpureum), qui peut affecter les branches coupées, les spores étant moins présentes à ce moment de l’année.

Si vous souhaitez recéper vos arbres ou arbustes, c’est-à-dire couper toutes les tiges et branches se situant près du sol, procédez également au cours de l’hiver. Pour les arbres persistants, en revanche, cette opération s’effectue en fin d’été.

Comment utiliser le bois taillé ?

S’il n’est pas malade, le bois taillé peut être laissé au sol (technique de paillage naturelle du chop'n drop). Il se décomposera alors lentement et enrichira la terre. Si besoin, vous pouvez le broyer pour composer un mulch. Le bois vert peut se transformer en BRF, ou bois raméal fragmenté. Prenez alors attention à l’endroit où vous le disposerez, pour éviter le phénomène de faim d’azote sur des jeunes plants.

Multipliez vos plantes

Semis, boutures, greffes… les méthodes de multiplication font partie des tâches d’entretien d’un jardin forêt, qui permet de le densifier à moindre coût !

Les boutures herbacées se font à la fin du printemps, voire au début de l’été, tandis que les boutures semi-ligneuses s’opèrent à la fin de l’été (août-septembre). Les boutures des arbres et arbustes caducs se font, quant à eux, en hiver.

Récolter vos graines vous permet également d’étendre la strate herbacée, et de préparer vos semences pour la prochaine saison des annuelles et bisannuelles en toute autonomie. La période de récolte des graines dépend de chaque variété végétale, soyez donc attentif !


Prévenez les attaques des ravageurs

Comme toujours en permaculture, l’observation est à l’origine de toute action. Il est possible de trouver des solutions non-létales ou dangereuses, pour éloigner les ravageurs de vos récoltes. Le mieux étant de prévenir les attaques en attirant les auxiliaires qui en réguleront la population, ou de planter des végétaux au sein de vos guildes qui les en détourneront ou les repousseront. Un jardin forêt est ainsi destiné à devenir un système résilient grâce à sa biodiversité, dans lequel la présence des « ravageurs » est régulée par d’autres espèces.

  • Les escargots et les limaces peuvent se montrer redoutables sur les feuilles tendres de certains légumes vivaces et herbacées, comme les hostas. L’écorce des mûriers peut aussi en faire les frais ! Aménager une mare attire les grenouilles : elles en feront leur festin ! Des poules se feront également un plaisir de vous en débarrasser.

  • Les lapins, aussi mignons soient-ils, peuvent également faire de gros dégâts. La clôture grillagée est le moyen le plus efficace pour empêcher ces rongeurs de grignoter vos vivaces. Une maille de 2,5 cm suffit à les tenir à distance.

  • Pour réduire les attaques des chenilles, n’hésitez pas à installer des nichoirs à chauves-souris, qui sont de grands prédateurs des papillons, mais aussi des carpocapses, responsables des fruits véreux.

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Soignez votre jardin naturellement

Le choix de vos espèces fruitières, de leur variété, ainsi que de vos porte-greffes déterminera en grande partie la capacité de ces dernières à s’adapter à votre lieu et résister aux attaques de maladies diverses. En tant « qu’organisateur de la nature », vous aurez pris garde à leur emplacement, en fonction de leur capacité à supporter l’humidité, la chaleur… Et surtout à la structure du sol et la qualité de votre terre. N’oubliez pas qu’une terre saine et riche est à la base de la bonne santé et la fertilité de votre jardin. 

Si besoin, vous enrichirez la terre avec du compost, du mulch, des engrais verts…

Vous avez peut-être composé des guildes végétales autour de vos fruitiers, dont certaines plantes compagnes peuvent diminuer le risque qu’ils soient touchés par certaines maladies.

Par exemple, le raifort (famille des Brassicacées) est une plante connue pour son effet protecteur contre certaines maladies cryptogamiques des fruitiers, telles que la moniliose, l’oïdum ou encore la cloque du pêcher. Plantez-la autour plutôt qu’au pied, leur système racinaire étant assez important.

Vous constatez des signes de maladies ? Réagissez rapidement ! Pensez aux décoctions et aux purins, comme le purin de prêle !

Découvrez notre article qui détaille comment soigner son jardin naturellement, vous y trouverez des recettes et leurs applications.




Entretenir un jardin-forêt demande un peu d’organisation, mais surtout beaucoup d’observation. C’est ce qui vous permettra d’agir au bon moment pour garantir l’équilibre de votre lieu. Bien sûr, l’entretien d’une forêt comestible est voué à évoluer avec le temps : augmentation de l’ombre avec le développement de la canopée, végétaux malades qu’il vous faudra soigner ou remplacer s’ils meurent… Mais plus votre système sera bien conçu et diversifié, plus il sera équilibré et résilient. 

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