L'arrosage en permaculture : bonnes pratiques

Rédaction Atmosvert

Dans une forêt comestible, la plupart des plantes n’ont, en théorie, pas de gros besoins en arrosage, les strates supérieures protégeant les strates inférieures du soleil brûlant. Il va nous falloir cependant faire face au réchauffement climatique et à des sécheresses prolongées plus fréquentes. Arroser est alors nécessaire pour pourvoir aux besoins des plantes et garantir vos récoltes. Pourquoi et comment distribuer l’eau dans votre jardin forêt ? Passons en revue les bonnes pratiques à adopter en matière d’arrosage en permaculture.

Arroser son jardin : peut-on s’en passer ?

L’idéal de tout jardinier serait d’avoir un jardin autonome en eau. En appliquant quelques techniques permacoles, comme le mulch, vous limitez déjà ces besoins. Toutefois il est nécessaire d’arroser tout de même vos plantes dans certains cas. Pourquoi ?

Le sol est constitué de réserves d’eau vitales pour les plantes, qui les pompent via leur système racinaire pour pouvoir se développer. Lorsque la plante ne parvient plus à capter cette eau, elle se trouve dans un état de stress hydrique : elle ferme alors ses stomates et le phénomène de photosynthèse se ralentit. Les autre conséquences d’un stress hydrique chez la plante peuvent être une montée en graines précoce, des fruits/légumes de moindre qualité (fibreux, moins fermes…), voire un avortement des fleurs, qui entraîne de fait une récolte moins importante.

Arroser est donc parfois nécessaire pour entretenir ces réserves et qu’elles restent disponibles pour les plantes. En fonction de la nature de votre sol, ces dernières seront plus ou moins importantes (la terre argileuse, par exemple, retient beaucoup mieux l’eau que la terre sableuse). Nous devons, de surcroît, faire face au réchauffement climatique et à des sécheresses exceptionnelles… qui vont certainement devenir la norme dans les années à venir. 

Voilà pourquoi, grâce à l’observation des plantes et de la terre, il est important d’intervenir à temps afin d’éviter ces perturbations et arroser dès que nécessaire. La permaculture invite à être le plus autonome possible et à maximiser les ressources, c’est pourquoi vous aurez, dans un premier temps, pensé à la façon dont vous allez capter et stocker l’eau sur votre lieu. Mais il est tout aussi essentiel d’optimiser votre système et de réfléchir à la meilleure façon de la distribuer.


Faire les bons choix en matière d’arrosage en permaculture

L’eau est une ressource précieuse. Il est, aujourd’hui encore plus qu’hier, nécessaire d’optimiser les quantités utilisées, en appliquant des techniques adaptées à votre lieu et aux espèces végétales qui y sont installées.


Toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins, il vous faudra donc certainement faire un mix de plusieurs des techniques énoncées ci-dessous.

  1. Arrosage manuel

L’arrosage manuel reste le meilleur moyen de vous adapter à chaque plante. À l’arrosoir ou au tuyau, vous contrôlez la quantité d’eau distribuée et la façon d’arroser (au pied ou par aspersion). Cette méthode nécessite cependant une présence constante et ne peut s’appliquer que sur de petites surfaces. Comptez environ 20 à 30 litres/m2 en période de sécheresse. Arrosez surtout lors du coucher du soleil, car une plante en stress hydrique sortira de sa dormance journalière pour absorber l'humidité de la nuit.

  1. Système d’irrigation

Pour de plus grandes surfaces, comme un jardin forêt, vous pouvez mettre en place un système d’irrigation, surtout si votre sol est bien drainé et/ou sableux.

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Idéalement, ce système devrait être réfléchi en amont, lors de l’étape du design, et installé pendant la phase de création de votre forêt comestible. Il consiste concrètement en un réseau de tuyaux (ordinaires, en plastique) enterrés à 30 cm dans le sol ou simplement posés à la surface. Cette seconde option permet d’être plus adaptable, les besoins étant conséquents pour certaines plantes à la plantation puis moindres ensuite.

N’hésitez pas à prévoir des points de connexion, pour pouvoir dans le futur installer de nouvelles sections, si nécessaire.


Dans votre jardin forêt, les jeunes plants d’arbres et d’arbustes auront particulièrement besoin d’être arrosés, surtout durant les périodes de sécheresse, ainsi que les fruitiers et arbres à coques entre juillet et septembre. La qualité de vos récoltes en dépend !

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Deux types d’arrosage peuvent s’adapter à ce système.

  • Le goutte-à-goutte : l’eau passe à faible débit, au « goutte à goutte », directement dans la zone racinaire des plantes que vous aurez ciblées, par le biais de simple trous ou par des goutteurs individuels, qui permettent de régler le débit (entre 1 et 4 litres/heure), à fixer soit dans les trous des tuyaux, soit sur de petits tuyaux annexes connectés au principal. Il s’agit de l’arrosage le plus économe, car l’eau va directement aux racines. En revanche, il demande des réglages précis pour éviter qu’une humidité permanente ne favorise le développement de maladies fongiques.

  • L’aspersion : des micro-jets ou micro-asperseurs, pouvant couvrir une surface jusqu’à 6 m, peuvent être connectés au tuyau principal. Ce système est le plus coûteux car une partie de l’eau est perdue, l’arrosage étant moins précis et l’évaporation plus importante. Il présente l’inconvénient de pouvoir favoriser les maladies fongiques chez certains végétaux qui y sont très sensibles. En revanche, bien ciblé et bien réglé, il convient aux salades, aux choux ou encore aux semis de légumes-racines comme les carottes ou les betteraves.

Quelques conseils pour l'arrosage de votre jardin forêt :

  • Les racines des fruitiers s’étendent jusque sous le bord de leur ramure environ, c’est là que se concentrent les radicelles. L’intégralité de cette zone doit donc être arrosée, avec une attention particulière sur le bord. Évitez à tout prix l'arrosage des feuilles en pleine journée et luminosité pour éviter des brûlures.

  • Dans votre design, installez les plantes qui nécessitent le plus d’arrosage, près de vos points d’eau, comme celles du potager. Au sein de ce dernier, tout en respectant les guildes végétales, essayez au maximum de regrouper les plantes en fonction de leurs besoins en eau : arrosages réguliers ou moins fréquents, par aspersion ou au pied… Par exemple, si les tomates craignent l’arrosage de leurs feuilles, les plantes de la famille des crucifères (choux, roquette…) l’apprécient particulièrement, car cela diminue le risque que les altises y pondent.

  • Chez Atmosvert, nous avons développé une canopée intégrant des lianes pour créer un ombrage naturel, sous lequel nous arrosons avec des asperseurs optimisés et liés à la météo par des sondes éléctroniques. L'optimisation absolue de l'arrosage dans la pépinière s'appuie sur 5 piliers :

        1. Composition optimisée du terreau avec une bonne rétention de l'eau ;

        2. Ombrage naturel des arbres couplé à un voile d'ombrage ;

        3. Système d'arrosage pendulaire par aspersion, pour éviter la perte de certaines zones à cause de la couche végétale ;

        4. Automatisation liée à la météo ;

        5. Densification végétale pour éviter l'évaporation au maximum. 


Ainsi, réussir à capter et stocker l’eau sur votre lieu est crucial, et adopter les bonnes pratiques pour la distribuer de la manière la plus économe et la plus adaptée l’est tout autant ! Et vous, quel système avez-vous mis en place ? N’hésitez pas à partager vos astuces en commentaires !