Faire face au réchauffement climatique grâce au jardin-forêt

Rédaction Atmosvert

 Y a-t-il encore des sceptiques ? Le changement climatique est une réalité que nous ne pouvons plus nier. Le réchauffement climatique global entraîne des conséquences de plus en plus importantes sur la nature et l’Homme, les deux étant intrinsèquement liés : épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, sécheresses, inondations…

Prendre conscience de notre action sur le monde et changer nos habitudes devient urgent. Et le jardin ne fait pas exception !


Comment anticiper, faire face au réchauffement climatique et produire en abondance malgré tous ces bouleversements ? Comment créer un lieu résilient et durable ? Le jardin-forêt nous apparaît comme une réponse et même comme le modèle agro-écologique de demain.

Le changement climatique : des repères phénologiques bousculés

La France métropolitaine bénéficie d’une diversité remarquable de climats, qui a permis le développement de cultures tout aussi diversifiées sur son territoire. Ces dernières sont cependant parfois très régionalisées, comme la vigne, et le réchauffement climatique pourrait bien, dans un futur proche, bousculer la répartition géographique des espèces et des variétés cultivées. 

L’évolution de ce phénomène s’annonce rapide et demeure pourtant encore difficilement prévisible. Divers scénarios présagent des vagues de chaleur accrues, en particulier dans le Sud-Est. Les hivers deviendraient de plus en plus doux, sans pour autant écarter des gelées, même tardives. Des périodes de sécheresse pourraient se multiplier, entraînant un assèchement du sol : le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté y sont déjà très exposés.

Tous ces phénomènes ont bien évidemment des répercussions directes sur la nature, le développement des végétaux et, par extension, sur les pratiques agricoles.

Ces changements climatiques saisonniers sont suivis de près et étudiés, par l’observation des événements périodiques de la vie des plantes (comme la floraison, l’apparition des feuilles, etc.), afin de comprendre l’influence du réchauffement sur leur évolution : cette étude s’appelle la phénologie. Elle s’applique à la botanique, mais aussi à la zoologie (le départ des oiseaux migrateurs est un repère phénologique, par exemple).

Et ce qu’elle nous révèle depuis plusieurs années a de quoi questionner, voire nous alerter.

Ainsi, à l’échelle mondiale, les observations des processus phénologiques rapportent des débourrements et des floraisons plus précoces, ainsi qu’une maturité des fruits plus avancée. En France, les gelées printanières tardives peuvent alors occasionner des dégâts considérables sur les bourgeons, et entraîner une perte de récoltes, dans des proportions parfois dramatiques. 

À noter : Vous pouvez vous-même participer à ce type d’observations via l’Observatoire des Saisons, et consulter les résultats obtenus depuis 2006 en fonction de divers critères (espèce végétale, région…)

La situation est préoccupante. Les hivers trop doux peuvent entraîner une levée de dormance insuffisante, un manque d’endurcissement au gel ou encore une désynchronisation entre les floraisons qui empêcheraient la pollinisation croisée, pour les fruitiers, par exemple. Les ravageurs restent au jardin, voire se développent, et les températures trop douces favorisent également les maladies cryptogamiques.

À plus long terme, il est fort probable que des espèces végétales migrent. Des plantes qui, jusqu’ici, ne vivaient que dans des zones tropicales ou arides, pourront s’épanouir sur notre territoire, tandis que d’autres ne survivront que dans des zones plus fraîches ou avec des pratiques différentes, par exemple sous la canopée, à l’ombre des arbres. Ce sera le cas des ribes et des framboisiers. Le néflier du Japon, arbuste persistant qui, en France, poussait sur le pourtour méditerranéen, remonte vers le nord. Nos pieds-mères s’épanouissent complètement, et ce, sans protection contre le gel l’hiver. C’est un bio-indicateur du schéma climatique qui se réchauffe de plus en plus, ici en Creuse.

terre-secheresse

Les conséquences sont environnementales et humaines.

Face à ce constat, si vous souhaitez avoir des récoltes régulières et abondantes, il va vous falloir prendre en compte dans votre conception tous ces impacts actuels et pressentis, et ce, quel que soit votre projet, qu’il s’agisse d’une exploitation maraichère ou familiale. Alors comment s’adapter et créer un lieu qui soit le plus résilient possible ? 

Le jardin-forêt pour faire face au réchauffement climatique

Nous en sommes convaincus : le jardin forêt est le système agro-écologique de demain.

Pourquoi ?

Parce qu’il s’agit d’un écosystème diversifié, durable et surtout résilient. Bien construite et bien pensée, une forêt comestible pourra s’adapter à l’évolution rapide du climat. Je vous livre d’ailleurs 6 conseils indispensables pour réussir votre jardin-forêt dans ces conditions.

Plantez des arbres : la canopée offre une protection absolue aux végétaux qui poussent en son sein, elle crée de l’ombre, protège des vents desséchants...


Cultivez sur plusieurs strates et créez des communautés végétales interdépendantes et symbiotiques, pour un écosystème résilient et durable. Avec une bonne connaissance des guildes, vous pouvez adapter vos choix de cultures à vos besoins et les associer de façon à ce qu’elles interagissent et soient les plus résistantes possibles. De plus, en plantant sur plusieurs étages, vous optimisez votre espace et pouvez ainsi faire des récoltes abondantes, y compris sur de petits terrains. 


Le jardin-forêt permet aussi de créer des microclimats. Ainsi, vous pouvez agir à votre échelle, sur votre lieu, par exemple :

  • en installant une haie au nord, vous allez protéger votre espace cultivable du vent froid ;

  • installer des haies fruitières au sud peut avoir une double action : en plus de produire des récoltes, elles peuvent créer sur votre terrain des couloirs est/ouest qui accueillent et captent la pluie et la rosée ;

  • vous pouvez aussi créer des microclimats frais, en installant une mare par exemple, ou en modelant votre terrain de façon à créer des buttes, des vallées… le bas des pentes et les creux sont plus frais car ils gardent l’humidité. 


arbres-et-cultures

L’eau est une ressource vitale, qui devient de plus en plus rare et donc de plus en plus précieuse. En plus de gérer astucieusement la condensation et limiter son évaporation, récolter l’eau de pluie et gérer l’arrosage, a fortiori sur de grandes surfaces, devient indispensable. Ce sujet fera l’objet d’un autre article très bientôt !

Pensez aussi au mulch, pratique indispensable en permaculture : il présente de nombreux avantages, comme protéger les organismes et micro-organismes qui travaillent dans la terre, préserver le sol de l’érosion, de la battance… mais aussi et surtout, il permet de conserver au maximum l’humidité qui pénètre dans le sol, limitant ainsi les besoins en arrosage. Faire face aux longues périodes de sécheresses est un défi qu’il va nous falloir relever dans les années à venir.



Vous l’aurez compris, il nous faudra observer sans relâche et adapter nos pratiques pour faire face au réchauffement climatique et à ses conséquences. Créer un jardin ou une exploitation qui soit résilient et durable est un défi, et le jardin-forêt est le modèle agricole qui peut y répondre. Nous avons d'ailleurs créé des formations en ligne pour vous aider à créer votre jardin forêt et optimiser votre système. Plantez votre abondance !