Améliorer son sol en permaculture en fonction de sa nature

Rédaction Atmosvert

L’un des principes fondamentaux de la permaculture est de prendre soin de la terre. Un sol fertile est garant de la santé et d’une bonne croissance des végétaux. On nourrit la terre pour nourrir les plantes… 

En outre, avec une bonne connaissance de la nature de votre sol, vous pouvez, en appliquant les techniques adaptées, non seulement l’enrichir mais aussi améliorer sa structure ou son pH.

Comment aggrader et améliorer votre sol en fonction de sa nature ? Que vous ayez une terre argileuse, sableuse, limoneuse ou calcaire, découvrez les méthodes à utiliser pour un sol vivant et fertile !

 

Améliorer son sol en permaculture, oui mais de façon adaptée à sa nature !

La terre idéale de tout jardinier est la terre franche : 70 % de sable, 10 % d’argile, 10 % de calcaire et 10 % d’humus. Or, il est rare de rencontrer une telle composition !


Toutefois, des techniques existent en permaculture pour rendre votre terre fertile et vivante, mais aussi améliorer sa structure, et ce, sans utiliser d’engrais chimiques, aux effets éphémères et surtout néfastes pour l’environnement.


Ces différentes méthodes doivent cependant, pour être réellement efficaces, s’adapter à la nature de votre sol, qu’il soit à dominance argileuse, sableuse ou encore calcaire. Une fois que vous aurez déterminé la composition de votre sol, vous pourrez choisir les techniques les plus adaptées pour l’aggrader. L’objectif étant, à chaque fois, non pas de le transformer, mais de l’améliorer afin d’en tirer le meilleur parti.

Ameublir un sol argileux

Une terre argileuse a assez mauvaise réputation : en effet, lourde et compacte, composée des particules les plus fines, elle est en général assez difficile à travailler. En revanche, ce type de sol présente l’avantage de bien retenir les éléments nutritifs, ainsi que l’eau.

L’objectif pour améliorer un sol argileux est donc de l’ameublir et l’aérer.

Oubliez le sable, pourtant souvent conseillé pour l’alléger : non seulement les effets seraient limités, le sable ne se mélangeant pas à l’argile, mais cet apport d’un élément inerte appauvrirait votre terre. En permaculture, d’autres techniques existent pour la décompacter tout en la fertilisant.

Les engrais verts

Semez des engrais verts, ces plantes cultivées uniquement dans le but d’améliorer la fertilité du sol, et choisissez ceux qui vont avoir une action sur sa structure grâce à leur système racinaire. L’idéal est de semer en mélange plusieurs espèces, à racines profondes et à racines superficielles, afin de travailler à différentes profondeurs du sol.


Vous pourrez mêler, par exemple :

  • des crucifères (famille des Brassicacées), comme la moutarde, aux racines profondes qui , en plus de décompacter le sol, font remonter potassium et phosphore de la roche ;

  • des graminées (seigle, avoine...) aux racines traçantes, pour travailler la couche superficielle ;

  • des Fabacées (légumineuses) comme les trèfles, les féveroles, les vesces qui sont des fixateurs d’azote et enrichiront le sol ;

  • la phacélie, avec ses jolies fleurs mauves, décompacte également bien les sols lourds, en plus d’être mellifère. 


Le semis d’engrais verts pour une terre argileuse s’effectue à la fin de l’été ou au début de l’automne. Auparavant, il vous faudra travailler la terre afin qu’elle soit en mesure de les accueillir. En effet, la terre argileuse est plus difficile à travailler à la sortie de l’hiver car gorgée d’eau. Dès septembre, fauchez les herbes, puis utilisez une grelinette afin d’ameublir la terre sans trop perturber la vie du sol. N’hésitez pas à effectuer plusieurs passages à quelques jours d’intervalle. Ensuite, les engrais verts travailleront pour vous !


À noter : n’utilisez pas un engrais vert de la même famille botanique que la culture précédant ou suivant votre semis. Par exemple, la moutarde et le chou appartiennent à la même famille des Brassicacées.


engrais-verts

Le mulch

Le paillis, ou mulch, préserve la vie du sol. Or, de nombreux organismes et micro-organismes travaillent à ameublir et aérer la terre ; c’est le cas des verres de terre, par exemple.


Quel que soit le choix de votre mulch, l’essentiel, si votre terre est argileuse, est de ne la pailler que lorsqu’elle est suffisamment réchauffée (en avril/mai au sud de la Loire, plutôt en juin au nord, selon les années). Si vous avez semé des engrais verts l’année précédente, vous pouvez les faucher au printemps et les laisser sur place, puis pailler juste avant l’été.


Grâce à ces techniques, vous constaterez au fil des ans une nette amélioration de la structure de votre sol, votre terre s’ameublira et vos plantes pourront ainsi en tirer tous les bénéfices !

Améliorer un sol sableux

Un sol sableux est un sol léger qui, à l’inverse du sol argileux, est composé des particules les plus grossières. Il s’agit donc d’un sol facile à travailler et bien drainé. Toutefois, il est sujet aux lessivages qui provoquent la fuite des éléments nutritifs ainsi que de l’eau, entraînant alors une sécheresse rapide.

L’objectif pour ce type de terre consiste donc à l’aggrader et l’aider à préserver son humidité.

Le compost

En apport massif régulier, chaque année par exemple, du compost mûr ou du fumier bien décomposé enrichira votre terre sableuse, la rendant fertile pour les cultures à venir.

Le mulch

Pailler votre sol sableux diminuera le risque de lessivage et aidera votre sol à préserver son humidité, afin de limiter les besoins en arrosage.

Les engrais verts

Nous l’avons vu, certains engrais verts ont la capacité de capter les éléments nutritifs du sol, voire de l’air pour les fixateurs d’azote, pour les redistribuer en se décomposant, une fois fauchés au sol.

Vous comprenez dès lors leur intérêt pour une terre sableuse ! Attention, cependant : dans une terre pauvre en humus, ce qui est souvent le cas pour un sol sableux, les engrais verts sont à utiliser avec précaution, car ils puisent dans les réserves du sol pour se développer.

Alors quels engrais verts semer en terre sableuse ? Quelques exemples :

  • le sarrasin est une céréale qui fournira un bon apport en carbone. Il peut être cultivé en sol pauvre et même sec ; 

  • les Fabacées se chargeront de l’azote : le trèfle incarnat apprécie les sols légers et est donc tout à fait adapté ;

  • seigle, phacélie et trèfle sont, par ailleurs, de très bons producteurs d’humus une fois dégradés.

Enrichir une terre limoneuse

Avec une structure entre argile et sable, la terre limoneuse se réchauffe vite, est perméable à l’eau et à l’air, drainante mais retenant suffisamment eau et nutriments… 

Le sol parfait ? Presque !

Sa composition la rend fragile et sujette à la compaction. Or, un sol compact présente un risque d’asphyxier les racines des végétaux.

Même s’il demande moins de soins, le sol limoneux appréciera d’être travaillé avec :

  • un apport de compost mûr, pour encourager l’activité organique ;

  • l’application d’un mulch pour le protéger de la battance (une croûte de battance peut empêcher les semis de monter) ;

  • un semis d’engrais verts, en privilégiant ceux dont les racines sont superficielles comme la phacélie, le seigle ou encore le trèfle.

Améliorer un sol calcaire

Un sol calcaire a un PH entre 7,6 et 8,5. Dur lorsqu’il est sec, il devient collant quand il est humide. S’il se réchauffe rapidement et est bien drainé, c’est une terre souvent pauvre, ce qui peut causer des carences.

  • Apportez de la matière organique avec du compost demi-mûr et du paillis organique.

  • Semez des engrais verts comme la moutarde, la luzerne, la phacélie, la consoude, la bardane, ou encore des fixateurs d’azote comme le lupin, le trèfle ou la vesce, cette dernière étant particulièrement efficace contre le lessivage.

  • Un paillage de bois résineux aura, de son côté, un effet acidifiant sur le sol.



Vous l’aurez remarqué, les techniques permacoles permettant de rendre votre terre plus fertile peuvent s’appliquer quel que soit votre type de sol. En revanche, le choix des engrais verts peut différer, tout comme la période à laquelle installer un mulch. Loin des méthodes agricoles plus traditionnelles et des engrais chimiques, les techniques de fertilisation appliquées en permaculture permettent de laisser la nature travailler à votre place, de l’accompagner, pour nourrir véritablement votre sol et en tirer le meilleur parti, que ce soit pour un potager ou un jardin-forêt.