Remplacer une haie de conifères : comment et par quoi ?

Rédaction Atmosvert

Vous ne pouvez plus voir en peinture votre haie de thuyas, ou de cyprès de Leyland ? Vous êtes nombreux à nous demander par quoi la remplacer et comment procéder.

Il faut reconnaître que ces conifères ont connu leurs années de gloire depuis les années 30. De croissance rapide, ils forment rapidement une haie brise-vue et brise-vent. Comme toute monoculture, elle trouve cependant très vite ses limites. Trop denses pour accueillir la faune locale, difficilement compostables, ces haies, surnommées « béton vert », ne sont pas non plus comestibles. 

Vous avez envie de remplacer votre haie de conifères par autre chose, mais quoi ? Imaginez à la place qu’une haie diversifiée, comestible et mellifère donnerait vie à votre jardin ? Découvrez comment réussir cette transition en suivant ces quelques conseils !

Comment se débarrasser d’une haie de thuyas ?

La première étape consiste donc à supprimer votre haie de thuyas. Dans un premier temps, coupez toutes les branches. Attention, elles sont difficilement compostables, mais vous pouvez les broyer et les utiliser pour faire des chemins dans le jardin, par exemple. Elles se décomposeront en 18 mois environ.


Deux options s’offrent ensuite à vous.

  • Laisser les souches en place : si elles ne sont pas trop imposantes et suffisamment espacées, vous pouvez les laisser et planter entre celles-ci. En effet, les conifères ne repoussent pas à partir de leur souche. Il vous suffira, quand vous ferez vos trous de plantations, de supprimer les racines de surface gênantes. Cette solution est bien sûr la plus facile !

  • Enlever les souches : si vous devez retirer les souches, laissez les troncs à 1 m du sol environ, afin d’avoir une prise vous permettant de remuer la souche. Vous pouvez louer un tire-fort pour les arracher en prenant appui sur un arbre voisin. Plus radical, une mini-pelle avec un godet de 30 cm vous permettra d’extraire chaque souche une à une.

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Comment préparer le terrain ?

Les thuyas et cyprès sont très gourmands en éléments nutritifs. La terre est donc épuisée après leur passage. De plus, les conifères acidifient le sol. Si la roche-mère est calcaire, le PH redeviendra plus neutre rapidement. En revanche, si vous vivez dans une région au sol granitique, donc déjà acide, l’effet sera renforcé !

La préparation de votre terrain dépendra donc de vos choix végétaux. Les baies comme les myrtilles, groseilles, etc. sont des plantes acidophiles, elles raffolent des terres acides, il n’y aura donc pas besoin d’attendre avant de les planter.

Sinon, il vaut mieux, après dessouchage l’été par exemple, préparer le terrain à l’automne. Rappelons qu’une terre fertile est à la base de la réussite de vos plantations ! Allégez la terre avec du compost et du fumier mûr, et paillez avec un mulch organique qui viendra agrader le sol tout en préservant la vie qui y reprend.

Vous obtiendrez ainsi au printemps une terre meuble et pleine de vie, prête à accueillir votre nouvelle haie !

Que planter pour remplacer une haie de conifères ?

Comme dit précédemment, les myrtilles, les groseilles se développeront à merveille après des thuyas ou des cyprès. Ensuite, si vous avez bien préparé la terre, au bout de quelques mois, vous pouvez planter ce que vous voulez !


Une haie diversifiée et comestible vous apportera bien plus de satisfaction, tant au niveau esthétique qu’au niveau des récoltes dont vous pourrez tirer profit toute l’année. Nous avons d’ailleurs créé à ce sujet des livrets « clé en main » pour créer des haies fruitières qui vous offriront des récoltes abondantes chaque mois de l’année !


Le gros avantage de vos haies de thuyas était de vous cacher du vis-à-vis, et vous souhaitez que votre nouvelle haie fasse de même ? Pas de problème !

En plantant de façon dense et sur plusieurs strates, vous pourrez vous cacher des regards et du vent de façon tout aussi efficace. Le laurier tin, chalef persistant, lierre arbustif et arbre à choux (comme élément architectural en hauteur) sont des excellents remplaçants pour garder l'aspect persistant et vous intercalez de la vigne vierge, vigne chocolat et autres vignes dedans. Cela vous donnera une haie persistante, mellifère et nourricière. Densifiez à 3 essences par mètre pour fermer votre haie en peu de temps. Gardez assez de distance pour la laisser pousser au maximum avec un minimum de taille.


Pour vous simplifier la vie, nous avons aussi composé des kits de haies en fonction de vos attentes. Vous l’aurez compris, contrairement aux haies monotones si souvent représentées dans nos jardins, ces haies nourricières offrent de multiples possibilités et, surtout, participeront à faire de votre jardin un écosystème équilibré, diversifié, résilient… à l’image d’un jardin-forêt.


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Conseils de plantation

Une fois vos végétaux choisis et votre design fait, place à la plantation !

Halte aux idées reçues ! Voici quelques conseils pour réussir votre nouvelle haie :

  • Ne faites pas vos trous de plantation trop à l’avance, surtout si votre sol est limono-argileux. En effet, sous l’effet de la pluie, limons et argiles se séparent et vous risquez d’obtenir un fond dans lequel l’eau stagnera, ce qui pourrait entraîner un pourrissement des racines.

  • Nul besoin de creuser de gros trous d’un mètre carré ! Pour des plants de 2 ou 3 ans, un trou légèrement plus grand que le volume de leurs racines est suffisant. Pourquoi ? Les plantes ne doivent pas être trop gâtées, car elles devront s’adapter à la terre-mère, à sa composition… Trop les « choyer », c’est risquer de leur faire subir un gros stress au bout de quelques temps et les voir végéter, voire dépérir. C’est pourquoi le choix de vos végétaux en fonction de l’exposition et de la composition de votre terre est essentiel. 

  • Achetez des jeunes plants. Eh oui, il va vous falloir faire preuve de patience ! En plus d’être moins chers à l’achat - critère non négligeable lorsque l’on doit créer plusieurs dizaines de mètres de haie - les jeunes plants s’adaptent plus vite à votre sol et seront plus forts et plus sains une fois adulte. Les grands sujets vendus en pépinière ont souvent vécu plusieurs transplantations, et sont de ce fait plus faibles. Semez si vous le pouvez, c’est encore mieux ! Sinon optez pour de jeunes plants issus de semis, ou de jeunes arbres en scions ramifiés.

Si le vis-à-vis est trop gênant en attendant la pousse, vous pouvez installer un brise-vue temporaire, comme des canisses, le temps que votre haie se développe.

Et voilà, vous avez toutes les clés en main pour obtenir ainsi une superbe haie, gourmande et diversifiée, à la place de votre mur vert. Vous voulez en savoir plus sur les compositions de haies fruitières ? Découvrez nos articles sur le sujet et nos formations en ligne, c’est notre spécialité !