Comment rendre un sol fertile en permaculture ?

Rédaction Atmosvert

Dans l’agriculture traditionnelle, le sol est labouré, retourné, souvent nu en dehors des cultures. L’utilisation d’engrais chimique est courante pour « enrichir » la terre.

L’approche permaculturelle est à l’opposé : la nature n’a pas besoin de l’homme pour offrir abondance et diversité dans un système équilibré et résilient. Le permaculteur observe la nature et son écosystème, avant de chercher à l’imiter dans ses techniques de culture. Prendre soin de la terre est d’ailleurs l’un des grands principes de cette approche. Alors comment rendre un sol fertile en permaculture ? Mulch, engrais vert, compost… découvrez les différentes techniques visant à améliorer votre sol.

Comment rendre un sol fertile ? Le modèle de la forêt

La forêt est le graal de la succession écologique, l’écosystème le plus stable et le plus durable dans la nature. Un sol forestier est un sol fertile, riche en humus, jamais nu et vivant.


Un hectare de forêt produit plus de biomasse qu’un hectare de culture intensive - voilà pourquoi nous sommes convaincus qu'un jardin-forêt représente le système agro-écologique ultime !

Pourquoi ? Parce qu’elle rend au sol tout ce que ce dernier lui a donné pour nourrir les plantes qu’elle abrite. Il s’agit d’un cercle vertueux, un cycle. En permaculture, nous allons chercher à nous approcher le plus possible de ce principe pour fertiliser le sol ; en prenant exemple sur la forêt, nous rendrons le plus possible de matière qu’il ne nous en a donné.


Regardons d’un peu plus près les différentes techniques de fertilisation du sol qui s’inscrivent dans cette approche.


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Préserver la vie du sol

La faune du sol joue un rôle primordial dans l’équilibre d’un écosystème, quel qu’il soit. Ceux qu’on appelle les auxiliaires du jardin, des petits animaux aux insectes, en passant par les bactéries bénéfiques aux plantes, vont jouer de nombreux rôles dans la fertilisation de la terre.C’est pourquoi, il est important en permaculture de chercher à les attirer et leur offrir un habitat pour les préserver. En effet, ils travaillent à votre place !

Qui sont ces alliés et que font-ils ?

  • Les vers de terre, mais aussi les fourmis ou les mille-pattes, par exemple, aèrent le sol en surface et plus en profondeur, selon les espèces, permettant une bonne circulation de l’eau, de l’air et un bon développement des racines.

  • De nombreux insectes et micro-organismes décomposent la matière organique tombée ou déposée à la surface et enrichissent ainsi la terre, en la rendant disponible pour les plantes : bactéries, champignons, nématodes, cloportes, vers de terre…

  • Les champignons mycorhiziens forment un réseau souterrain permettant, entre autres, de nourrir les végétaux environnants en distribuant les nutriments. Il s’agit d’une guilde au rôle essentiel, qu’il convient de protéger.

Comment préserver la vie du sol ?

Voici quelques conseils simples.

  • Évitez de labourer ou retourner la terre au maximum, afin de ne pas bouleverser cet écosystème. À la limite, vous pouvez aérer le sol, si nécessaire, à l’aide d’une grelinette.

  • N’enterrez pas la matière organique directement dans la terre : en effet, elle a besoin d’oxygène pour être décomposée par les organismes aérobies.

  • Installez des haies : elles protègent la faune, et peuvent créer un microclimat sur votre lieu. Haies champêtres, comestibles, mellifères… il y en a pour tous les goûts !

  • Ne laissez jamais un sol nu : pailler, ou mulcher le sol, va permettre de protéger ce dernier du soleil, de l’érosion, de la battance, limiter l’évaporation de l’eau, réduire la pousse des plantes indésirables… mais aussi protéger et nourrir ces fameux auxiliaires, qui vont ensuite eux-mêmes nourrir la terre. 


Le choix du mulch se fera en fonction des saisons : une fois encore, observez et imitez la nature pour savoir quel type de paillis organique installer.

  • En automne, les feuilles tombent et ont besoin de l’azote du sol pour se décomposer. Le mulch sera alors composé de matières carbonées : BRF (bois raméal fragmenté), feuilles sèches, branchages fins…

  • En fin d’hiver, votre paillis sera plutôt composé de tontes de gazon et autres matières azotées, ou de compost, qui fourniront les nitrates nécessaires pour nourrir les cultures futures.

Planter des engrais verts


Les engrais verts sont des plantes capables de capter les éléments nutritifs dans le sol, voire dans l’air. Ces cultures sont spécifiquement mises en place pour travailler le sol et le fertiliser. Alors gorgées d’azote et d’autres minéraux, elles seront fauchées assez tôt, avant la mise en graines, et laissées sur place (technique du chop’n drop). Une fois décomposées, elles vont nourrir la terre pour les cultures suivantes.


De plus, les racines de certains engrais verts vont améliorer la structure du sol, en décompactant et aérant la terre. Ils agiront également comme un mulch en couvrant le sol, avec les avantages de ce dernier.


Que planter ?

  • En automne, privilégiez les crucifères (moutarde, colza…) qui ont besoin d’azote pour se développer.

  • En fin d’hiver, les fabacées, ou légumineuses, seront privilégiées. Elles ont pour particularité de fixer l’azote de l’air et le restituer lors de la décomposition des feuilles, tiges et surtout des racines : trèfle, féverole, vesce…


Prenons l’exemple de la moutarde : plantée en mars, elle structure le sol pendant la pousse. Fauchée vers la fin mai, elle le couvre et, en se dégradant, le prépare à accueillir des pommes de terre, par exemple. 


N’hésitez pas à diversifier vos cultures d’engrais verts, en les associant à des graminées (seigle, avoine, etc.) ou encore des plantes mellifères, comme la phacélie.


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Fabriquer son propre compost

Le compost est un fertilisant naturel, résultat de la dégradation des déchets organiques d’origine végétale, et éventuellement animale, par des êtres vivants, tels que les vers, les bactéries, les insectes, etc.

En quelques mois, vous pouvez obtenir ainsi un substrat nutritif que vous utiliserez pour amender le sol. Faire son compost est non seulement une technique efficace, mais s’inscrit également dans une démarche écologique visant à la réduction des déchets.

Il s’agit d’un mode de pensée à transformer : les déchets organiques n’en sont pas, ce sont des ressources gratuites ; rien ne se perd, tout se transforme !


Il existe différentes méthodes de compostage :

  • pour les grands terrains, il est possible de faire simplement un tas de compost dans un coin de votre jardin, à remuer à la fourche de temps à autre ;

  • utiliser un composteur fermé : plus discret, en bois ou en plastique, il évite le dessèchement du compost et le protège des fouilles des animaux qui passeraient par là ;

  • faire travailler les vers : grâce au lombricomposteur, appelé aussi vermicomposteur.


Si composter est à la portée de tous, il y a quelques règles à respecter pour obtenir un substrat de qualité, entre autres :

  • respecter un équilibre d’environ 50 % déchets bruns (feuilles mortes, branches…) et 50 % déchets verts (tontes de pelouse, épluchures…) ;

  • veiller à un bon degré d’humidité du compost : s’il s’assèche trop, la faune va fuir et il se dégradera trop lentement ; trop humide, il peut pourrir. 


Bien sûr, le choix d’une technique de fertilisation de la terre ou une autre se fera en fonction de la nature de votre sol, de votre climat… Mais ces dernières sont toutes respectueuses de la terre et du vivant. La permaculture va bien au-delà de méthodes agricoles ou de jardinage, c’est un état d’esprit ! Nous aborderons plus en détails tout cela plus tard, en attendant, plantez votre abondance, et prenez soin de vous !